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Quand les Bambous deviennent des Lames - ときに、竹になるストリップ

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AuteurMessage
Natsuki Kuroki

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Féminin Nombre de messages : 38
» Mon âge : 19 Ans
» Ma date de naissance : 02/04/1990


•• I am a supernatural creature
» Ma Race: Hybride
» Je suis: un(e) solitaire.
» Mon don: Télékinésie & Métamorphose

MessageSujet: Quand les Bambous deviennent des Lames - ときに、竹になるストリップ   Jeu 14 Jan 2010, 19:55




QUAND LES BAMBOUS DEVIENNENT DES LAMES - ときに、竹になるストリップ
Ft. Kyle Volturi & Kuroki's Sisters
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Les jours s’étaient adoucis, et les vents s’étaient fait plus rares. Les sols, recouverts de plus en plus fréquemment par des longues étendues de neige avaient su garder leurs cotés féeriques. Les jeunes avaient repris leurs éternelles batailles, et les adultes s’étaient empressés de dégivrer voiture et ruelles dont ils avaient la possession. Les pluies de Forks s’étaient transformées en doux blizzards et seul le ciel avait gardé sa couleur grise. Cependant, par instant, l’azur du céleste venait rappeler l’approche prochaine du printemps. Déterminée par un objectif que je ne parvenais pas à cerner, j’avançais posément, les yeux rivés vers l’étendue bleutée que j’avais au dessus de la tête. Les nuages fuyaient à l’est transformant la zone que j’avais sur la gauche en une large nappe presque noire. Le contraste amplifiait le bien-être que j’avais momentanément récupéré. Mes pensées volèrent vers mes soeurs comme à leur habitude, à cet instant où nous étions séparées. Comme de nombreux plans avant celui-là, notre vie à Forks s’était rythmée par nos journées de cours. Neri arpentait quotidiennement la plus grande université de l’état de Washington située à plusieurs kilomètres de notre nouvelle ville pluvieuse, Nakane, elle suivait des cours dans un petit bâtiment de la région, où elle apprenait entre autre à se perfectionner dans les arts martiaux, le travail de l’esprit et l’analyse des indices terrestres en accords avec son don majoritaire. Moi, mes journées se déroulait dans le plus grand calme, dans le seul campus japonais de la région, où l’uniforme était encore de rigueur. Dans l’unique but de garder un oeil constamment ouvert sur notre nouvelle zone, notre éloignement permanent nous permettait de surveiller à toutes heures de la journée les lieux phares de notre éventuelle chute. Parce que, si nous avions fini par arriver sans trop d’encombre à Forks, l’essentiel aujourd’hui était encore d’y rester... Vivantes.

En sentant un petit souffle sous ma min-jupe grise, je jetai un oeil à ma montre. Notre vie avait fini par se régler à la seconde, et je savais donc quelle était la localisation actuelle de mes Jumelles. Nakane ne tarderait pas à rejoindre le domicile et Neri se dirigerait vers la gare qui la reconduirait dans quelques temps chez nous. J’arrivais toujours entre les deux. Comme si au fond, mon existence était faite pour que je fasse la moitié dans tout. Loin de me déranger désormais, cela faisait partie intégrante de moi. Mes pieds avançaient, calme, sans que j’ai l’impression de leur dire de le faire, j’écoutais les cris, les murmures qui s’établissaient autour de moi, en voyant fuir mes «camarades» de classe vers leurs occupations respectives. Si par la passé, j’avais réussi à être sociable avec les autres, mon arrivée en Amérique m’avait fermée aux autres, et avait bloqué mon esprit sur mon seul objectif, si bien, qu’il m’arrivait par instant d’avoir recourt à mon don sans penser aux représailles éventuelles que cela pourrait me causer. D’un certains coté les normaux, bien que moins présent ici qu’on aurait pu s’en douter, n’étaient pas franchement habitués à voir voler des objets par l’opération du saint Esprit. J’étais sûre que s’ils avaient su à un moment que j’étais la source de ces événements surnaturels ils se serraient empressés, idiots, de me porter un intérêt quelconque. L’idée en soi me répugnait au plus haut point, et à quoi bon se dévoiler quand on peut profiter de sa spécificité sans s’attirer de direct soupçon? Un sourire se dessina sur mes lèvres. Les savoir niais à mon égard m’amusait sans borne. J’étais à mon tour une perle rare, et ils n’en savait rien.


- Natsuki-chan!

Sursautant sous l’effet de la surprise, et parce que j’étais loin d’avoir l’habitude d’entendre mon prénom en ces lieux, je pivotais avec anxiété vers cet étrange appel que je n’avais jamais vraiment eu l’occasion d’entendre. La jeune fille était suivie de près par deux jeunes asiatiques en uniforme qui la dépassaient de facilement une tête et demie. Je me fixais fermement à mon sac en bandoulière, et secouait mes cheveux vers l’arrière.

- Tu te rappelles de moi?

Le regard que je dus lui lancer apparut comme une réponse négative, mais malgré tout un sourire s’installa sur ses lèvres.

- Cela ne m’étonne pas.

Si j’avais à un moment imaginé avoir à vivre ça, j’aurais procédé à ma métamorphose beaucoup plus tôt. Mes yeux se tournèrent ahuris vers les deux «mâles» avant de fixer la jeune fille de petite taille.

- Nous sommes ton groupe de pratique en réalité. Nous pensions qu’il serait préférable que nous préparions ensemble le prochain cours. Je ne suis pas sûre qu’ils apprécieront une fois de plus notre retard dans la rendement des copies.

Mon visage s’assombrit au moment où ma tête parvenait à faire le lien. Je me rappelai désormais avoir été entrainée dans un travail d’équipe, que sur le moment j’avais dû vouloir faire. Pour paraitre moins anormale sans doute, cela dit, un certain temps avait dû se passer entre ces deux moments, et tout ce beau travail m’était complètement sorti de la tête. Je me mordillai la lèvre inférieure et fit une moue gênée.

- Ah...

- Tu es disponible tout de suite?

Je jetai un regard imperceptible vers la ruelle à laquelle ils tournaient le dos, avant de replonger mes yeux dans les siens.

- Hélas, non en vérité. Je dois retourner pour Forks avant la nuit, et je ne préférerais pas tarder.

Elle perdit son sourire, et hocha les épaules

- Tant pis, les garçons et moi on essayera de commencer quelque chose et on te montrera ça prochainement.

- Oui, c’est mieux je pense. A bientôt minna-san!

Avec toute la bonne foi dont j’étais capable, j’agitais ma main avec enthousiasme, et me mit à courir vers la ruelle opposée. Je n’avais pas besoin d’être très futée, pour comprendre qu’ils m’avaient suivi des yeux jusqu’à ce que je disparaisse de leur vue. J’ignorais pourquoi j’avais continué à courir encore plusieurs minutes, avant de m’arrêter essoufflée comme jamais. C’est à ce moment que la sonnerie de téléphone portable résonna.

- Oui Nakane?

La voix à l’autre bout du fil poussa un petit rire avant de continuer.

«Je suis à la maison. Je viens d’avoir Neri, son train est annoncé avec quelques minutes de retard, elle ignore s’il sera à l’heure, elle a dit qu’il ne fallait pas qu’on s’inquiète qu’elle rentrerait dès que possible. Tu es où toi?»

- En ville. Je viens de quitter le campus. Je serais là dans une quinzaine de minutes si tout va bien. Le temps m’a l’air favorable.

«OK. A tout de suite alors.»

Elle raccrocha. J’enfournais le mobile dans la poche de mon sac, et me tapissai le long d’un mur dans l’obscurité. Par chance, j’avais fini par trouver lieu idéal pour opérer à mes métamorphoses sans être vue. J’avais beau me mouvoir dans une ville qui soupçonnait l’existence du surnaturel, je n’étais que convaincue qu’ils n’aurait pas pu supporter de voir une humaine prendre une forme animale à volonté. Sachant que ce que je portais n’étais pas un problème dans mes changements d’apparence, mon corps muta en un clin d’oeil, transformant la Natsuki humaine, en un moineau des plus discrets. Ma petite taille m’obligea à battre des ailes pour me retrouver à la hauteur que je venais de quitter, avant le départ à proprement parler. Même si en temps réel, un oiseau banal n’aurait pas parcouru une si relativement grande distance en aussi peu de temps, je doutais sincèrement d’attirer l’attention. Mes ailes s’agitèrent avec vigueur, et bercée par les vents je m’engageais vers la demeure «familiale».


Comme je l’avais signalé, et parce que ni la pluie ni la grêle, ni même la neige éventuelle ne m’avaient fait obstacle, je me retrouvais à l’heure prévue, dans les forêts au devant de la maisonnette en bois où ma soeur m’attendait sans doute.
Mes petites serres se posèrent doucement sur le sol frais, et aussi vite qu’en partant il y avait un quart d’heure, mes pieds «réapparurent». Je donnai un coup de main pour éliminer poussière et broussailles sur mon uniforme et pénétrait dans la demeure.


- Je suis rentrée.

J’entendis des pas avancer dans ma direction, et Nakane apparu dans l'entrebâillement de la porte, le sourire aux lèvres.

- Ponctuelle comme toujours.

- Des nouvelles de Neri?

Elle détacha le tablier qu’elle avait autour de la taille, et l’étendit sur le porte manteau le plus proche.

- Elle sera bientôt dans la région. J’ai eu de ses nouvelles il y a quelques minutes, son train s’approchait de la gare. Elle ne saurait tarder.

Je souris légèrement rassurée par cette nouvelle.

- Et sinon? Bonne journée?

- Plutôt. Quoique un peu éprouvante sur les bords. J’ai cru ne jamais en finir. Je serais pleine de courbatures demain.

Je la suivis à l’intérieur du salon, et m’assis en face du fauteuil dans lequel elle semblait déjà avoir élu domicile.

- Echec?

Je lui fis un clin d’oeil et la pointai du doigt amusée.

- Quelles stratégies t’ont-ils encore enseignées?

- Rien de bien nouveau. Je veux juste m’entrainer.

J’ouvris le tiroir du meuble le plus proche, et en sorti l’échiquier argenté que nous lui avons offert pour l’occasion. Les échecs avaient toujours été un de ses passes-temps favoris, et son esprit étaient difficiles à battre quand elle était sur ses bons jours. Je me rappelai cependant avoir vu Neri la vaincre une fois seulement. Contre moi, elle restait l’invaincue de première ligne, et même si je savais par principe que je m’installai pour perdre, la voir à l’oeuvre était toujours une partie de plaisir.

- Je te laisse les blancs cette fois.

Je souris et m’installai devant elle, concentrée. Ayant la couleur claire, j’étais contrainte à commencer, prenant au hasard un pion de la première rangée je l’avançais de deux cases et croisai les bras. Son temps de réflexion fut des plus minimes et elle agit à son tour instantanément.




Les minutes s’écoulèrent au fur et à mesure que mes pions se faisaient rares. Comme convenu, elle avait gardé la tête depuis le début de la partie, me volant ainsi un fou, une tour, pas moins de 7 pions, et mettant une fois mon roi en échec, cependant contré par la proximité de ma reine. Elle semblait avoir fini la partie dans sa tête, et c’était comme si mes coups étaient déjà anticipés avant même que j’ai pu avoir ne serait-ce que l’idée de les bouger.


- Cavalier en H-3.

Déclarai-je en déplaçant la pièce sur la case voulue. Elle fixa le plateau de jeu un instant, puis sourire aux lèvres, déclara.

- Reine en H-3.

N’ayant pas le moins du monde anticipé l’éventualité de ce «retournement» brusque de situation, j’ouvris la bouche en un grand «O».

- Echec.

Je levai des yeux ahuris vers elle, alors qu’elle se retenait difficilement d’exploser de rire. C’était la deuxième fois en quelques minutes que je m’approchais de la fin. Je déplaçais mon grand pion sur la droite, et évitai, pour je ne savais combien de temps le courroux de ma jumelle. Le mouvement de mon roi, parut à un instant sortir légèrement de ce qu’elle avait anticipé. Son temps de réaction passa des quelques dizaines de secondes à quelques vingtaines. Cependant quand je la vis bouger avec facilité et stratégie son fou de deux cases noires, je savais que c’était la fin.

- Echec et Mat.

Mes yeux se pointèrent dans sa direction alors qu’elle venait de lâcher son pion des mains. Un sourire non contrôlé s’était affiché sur ses lèvres, et elle s’était avachie au fond de son fauteuil comblée par ma défaite.

- Classique.

J’analysai avec une certaine peine, ce coup qu’elle m’avait déjà fait quelques jours auparavant. C’était un des ses plans favoris, et j’avais beau en connaitre, tout, jusqu’à la moindre subtilité, elle parvenait toujours à me le placer dans un contexte qui parvenait à m’éliminer du jeu dès qu’elle s’était mise en tête de le faire... Seule Neri avait su déjouer son esprit calculateur... Neri?
Je regardais ma montre avec affolement.


- Nakane! Neri, elle n’est pas...

Le téléphone de ma soeur produisit un petit bruit sec. Soudainement alarmée, elle se précipita sur le combiné, tapa vigoureusement les touches, et son visage perdit instantanément son sourire.

- Quoi? Qu’est ce qu’il se passe?

Alors qu’elle avait posé une main sur son coeur, sans un bruit, elle tourna l’écran dans ma direction, et essaya d’éviter de trembler. Je m’étais attendue à tout, j’avais déjà tout calculée. L’éventualité d’un arrêt prolongé sur les voies y était même passé, seulement je vis le nom que portait ce message, et je vis les 3 idéogrammes que j’avais craint: «助けを(Tasukete)»
Mes jambes se tendirent d’un bond alors que Nakane s’était déjà emparée de nos vestes les plus proches.


- Tu peux la sentir?

- Je ne sais pas. Mais si nous recevons son message elle est forcément dans la région. Ton portable ne tient pas sur trop longue distance.

- Natsuki! J’ai réussi à avoir de ses nouvelles quand elle était à l’université! Le périmètre de recherche est trop énorme!

- Calme-toi, et réfléchis une seconde. Crois-tu seulement qu’elle nous aurait demandé de l’aide si elle avait été si loin? Neri n’est pas une idiote. Si elle nous appelle, c’est que nous sommes dans une périphérie proche de l’endroit où elle se trouve elle.

- Oui, et comme tu l’as si bien signalé, elle nous demanderait pas de nous déplacer si la raison n’en valait pas la peine....

Je plantai mes yeux dans les siens, au moment où j’ouvrais la porte qui nous conduirait au dehors.

- Je sais tout ça. Ecoute, je prends la voix aérienne, tu t’occupes des terres. Son esprit doit forcément être localisable. Tu as réussi tes derniers entrainements sur les contrôles des vents?

- Oui je crois.

Déclara-t-elle, avec un hochement de tête déterminée.

- Je peux aussi infiltrer tes pensées, par le contrôle du 5ème élément. L’esprit.

- Dans ce cas, c’est parfait, essaye de la retrouver, et garde constamment un lien avec ma tête. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous perdre.

- Natsuki... Il y a un problème majeur auquel nous n’avons pas pensé...

- Quoi? Quel problème?

Elle pointa le ciel nocturne du doigt, et mon coeur se serra. La lune.

- La lune, oui. Si je ne la vois pas, mes transformations ne sont pas opérationnelle.

Mon esprit s’agita au fur et à mesure que je tentais de trouver un plan quelconque à cette nouvelle difficulté. Les nuages, recouvrait la totalité des étoiles, et l’astre des nuits ne pouvait qu’être gentiment caché derrière l’un d’eux.

- OK. Peu importe, essaye de te lier à elle, tes métamorphoses finiront bien par revenir à un instant ou à un autre. Concentre-toi, et débrouille toi pour la retrouver. Je pars par les ciels.

Elle fit «oui» de la tête et partit en courant dans la direction opposée. Je levai les yeux au ciel, et en un clin d’oeil mon corps se recouvrit de plumes. Le phénix rouge avait toujours été ma transformation de prédilection, et je savais que je parviendrais à arpenter les hauteurs plus vites sous cette apparence...


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Neri était restée en cours jusqu’à tard dans l’après-midi. Contrairement à ses soeurs avant elle, elle avait eu du mal à contenir l’élan de reproches qui émanait de sa bouche quand elle voyait un des ses camarades de classe, se prendre légèrement trop au sérieux. Au fond, oui, elle était sûre d’être différente, supérieure sur certains points cela ne faisait aucun doute, mais surtout révoltée contre cette société qui préférait prôner sans cesse le mensonge plutôt que d’éclairer les jeunes gens d’aujourd’hui à cette proximité du surnaturel. Car s’ils faisaient tout pour l’éviter, ils seraient les premiers à tomber dans la panneau s’ils venaient à l’apprendre. Elle savait par principe, que les gens de son espèce, ce seraient fait un plaisir d’avoir à jouer de leur physique pour les rallier à leur cause. Chose qui alertait et répugnait au plus haut point la jeune japonaise. Elle avait beau être «vampire» de naissance, les êtres de sa race qu’elle portait dans son coeur, pouvaient se compter sur ses doigts, et mieux valait pour tout le monde qu’il n’est pas un jour à se croiser. Certains pouvaient être idiots, d’autre, hélas, beaucoup moins. Et évidemment la première catégorie effrayait Neri plus que ses jumelles. Elle connaissait la force, sa force, leur force, et aurait dû mal à faire comprendre le terrible enjeu qui se préparerait si elle, ou ses soeur avaient à faire face. Du coup, elle s’était entraînée, jour et nuit sans relâche, pour pouvoir être capable de les défendre. Un élément qui allait cependant en sa faveur, était les capacités respectives de Nakane et Natsuki, qui loin d’être inoffensives, auraient avec aisance pu se défendre. Mais pour combien de temps?

Seulement la question, pour le moment ne se posait pas. Elles étaient à Forks. Pour l’instant en sureté, autant profiter de la période présente. 

Son dernier cours avait été de la chimie pratique, où seule, elle avait dû mettre au point une sorte de liquide violâtre qui sentait plus l’oignon qu’autre chose. Comme convenu, elle avait réussi à préparer le «remède» avec une facilité déconcertante qui rendit vertes de jalousie la plupart des autres filles du groupe, dont les cheveux s’étaient ébouriffés suites aux nombreuses mini-explosion qu’elles avaient produites durant les heures de cours. Neri ignorait si seules ses capacités vampiriques la rendaient première de promotion ou si elle avait réellement des dons dans ses matières «humaines», seulement, se mettre en avant de la sorte, n’était pas spécialement bon pour les éventuelles recherches qu’Ils programmeraient.

En sortant, bien entendu, elle s’était attirée l’attention de quelques jeunes hommes de part la beauté de son physique, et bien sûr, les «femelles» n’avaient su que lui lancer des regards noirs, cruels. Neri avait réussi à prier le ciel de ne pas avoir remplacé leurs yeux par des révolvers, elle en serait morte depuis des lustres. Pourtant la jeune asiatique n’était pas vraiment du genre à s’étaler où à se mettre en avant. Elle agissait «à haute voix» uniquement quand son coeur ne parvenait plus à contenir ses élans répulsifs de sa société...

Sans le savoir, elle franchit les grilles de son établissement au moment même ou Natsuki adoptait forme animale. Unies jusqu’à leurs horaires respectifs, même loin, Neri sentait que ses soeurs étaient proches. Elle était née en première, et s’était toujours senti responsable de la santé de «ses cadettes», savoir, au fond que son esprit ne les quittait pas ne pouvait que la rassurer un peu plus quand elles étaient loin.
Elle n’utilisa pas son pouvoir d’invisibilité pour se rendre à grande vitesse à la gare la plus proche, préférant analyser une dernière fois les lieux avant de rentrer pour le week-end au domicile familial. Ses yeux perçaient le moindre recoin vide ou bondé, et ses sens étaient en alerte. Elle sentait l’humain, la panique, les fleurs, l’excitation, les joies diverses, la vie...
Des écolières en uniforme lui coupèrent la route avec vivacité alors qu’au loin des garçons avaient commencé à la siffler amusés, par l’air si puérile que la jeune femme possédait vêtue comme elle était vêtue. Elle sourit, et se permit de jouer le jeu en leur rendant un clin d’oeil en passant à proximité. Tels des loups en rut, certains poussèrent des petits cris de satisfaction. Elle fit un signe victorieux de la main sans se retourner, et trottina jusqu’à la station.

La cohue et la foule étaient les maîtres mots de ses fins de soirée. Neri le savait par habitude, et avait appris à opter des réflexes rapides et rusés pour ne pas avoir à s’attarder dans un groupe où elle aurait été une cible facile. Elle leva les yeux vers le panneau d’affiche des trains en approche, et se saisit automatiquement de son téléphone portable. Elle tapota quelques lettres avec rapidité et enfonça le mobile dans une des larges poches de la «cape» qui lui servait de manteau. Quelques minutes plus tard, une petite sonnerie émana de son blouson.


- Nak’ c’est moi. Je suis à la gare. Mon train a du retard, et je...

Ses yeux se fixèrent sur un homme au loin, alors qu’elle écoutait la réponse de sa jumelle à l’autre bout du fil.

«D’accord il n’y a pas de soucis. J’attends des nouvelles de Natsuki et je l’en informerais.»

- C’est mieux en effet, je ne serais pas longue, ne vous inquiétez pas. Je serais bientôt là.

Sa soeur acquiesça, et sans plus de cérémonies Neri raccrocha tout en gardant ses yeux sur l’homme au fond de l’allée devant elle. Elle aurait pu reconnaitre son odeur entre mille, tout simplement parce qu’elle même possédait certains courant olfactifs de son espèce. Il avait bloqué son esprit, et semblait complètement inaccessible. Profitant dans l’instant de la foule qui l’entourait, la jeune métamorphe se tassa contre une paroi, persuadée que s’il avait à chercher quelqu’un ici, cela ne pouvait être qu’elle. Son don aurait été d’un grand secours et elle en était consciente, cependant, certains d’entre eux connaissaient trop de méthodes pour détecter le surnaturel. Il fallait être prudente et réfléchie avant tout. Neri sourit. Sans trop comprendre pourquoi d’ailleurs. Elle semblait prendre cela pour un jeu. Une chose qu’elle aurait pu prévoir depuis des lustres et dont l’issue ne l’effrayait pas le moins du monde. Bien entendu, elle aurait pu, et dû se méfier de cette vision, car en réalité, il était bien loin d’être là pour lui permettre de «s’amuser». Blottie contre son mur, son sac maintenu contre son torse, elle s’empressa de l’observer de loin, et dans les moindres détails. Il avait l’attirance inexplicable des vampires, et savait passer inaperçu d’une façon qui intriguait au plus profond de son âme la «petite» asiatique. Elle jeta un oeil au plafond, analysa angle, creux, obstacles éventuels, cachettes...
Les lettres des trains au départ tournèrent sur elles-mêmes pour annoncer les changements et l’avancée des retards. Etrangement, la longueur de la distance qui la séparait de Forks l’intéressait qu’à moitié. Mais un seul de ses regards, trop étendu sur le temps, fixé sur la panneau d’affiche lui fut fatal. Au moment où ses yeux retrouvèrent leur cible première celle-ci avait opté un sourire narquois en soutenant du regard celle qui quelques minutes plus tôt avait été l’espionnante...
Son sang «froid» se glaça un peu plus, quand dans ses pupilles elle comprit qu’il n’était pas là pour un voyage d’affaires. Elle recula. Soutenant son visage par le sien, immobile. Il cherchait à la tester, il ne serait pas déçu. Elle sourit imperceptiblement à cause de son idiotie, et pivota sur elle-même. Ses dons parvinrent à lui indiquer qu’il n’avait toujours pas bougé, préférant la fixer avec impolitesse. Ses pieds alors partirent dans une course folle. Un instinct de survie? Elle sauta par dessus des valises étalées au milieu des allées, esquiva des groupes d’adolescents trop prétentieux pour préférer s’effacer, et s’accroupit sur place pour laisser passer un large charriot qui renversait tout sur son passage. Elle savait que fuir ne servirait à rien s’il s’était mis en tête de la traquer, mais à en croire son sourire quelques minutes plus tôt, le duel ne lui semblait pas durer des éternités. Elle ignorait s’il avait pu, et su, déjouer ou découvrir sa seconde nature, ou de moins sa véritable nature, mais elle préférait penser que ce dernier détail agirait en sa faveur le plus longtemps possible.

Neri traversa le hall de la gare avec aisance, faisant preuve d’une répartie et d’une agilité incalculable, elle parvint aux portes de sortie en seulement quelques minutes. Avant de fuir dans la nuit tombante, la japonaise jeta un oeil derrière elle, et s’aperçu qu’il était beaucoup plus proche, beaucoup plus insolent que prévu. Un abominable rire se forma sur ses lèvres au moment où il comprit qu’elle le fuyait lui. Essayant de ne pas prêter attention à cette nouvelle vision, Neri, joua du silence, et la première ombre à sa portée fut le déclenchement de sa stratégie. En un millième de seconde, son corps disparu du champs visible, et ses pieds se remirent à courir. Fuir était la seule, et l’unique solution à cette heure...




Elle se demandait pourquoi son arrivée en Amérique, l’avait obligée, constamment à courir à toutes heures, tout moment pour fuir. En quittant le Japon, elle avait souhaité ne plus avoir à vivre cette crainte constante à laquelle s’était résumée sa vie. Bien sûr, elle était beaucoup puissante et méthodique qu’il avait quelques temps, et ses dons était chaque jour plus importants, mais cela n’était pas une raison. D’ailleurs elle ne chercha pas à savoir s’il la suivait. Elle était persuadée, au moins pour le moment, qu’il n’avait pas anticipé l’éventuelle existence de ses dons. Pour un traqueur, il semblait beaucoup moins bien informé que prévu. En courant, elle parvint à imaginer quelle devrait être sa véritable localisation si elle n’avait pas dû fuir. Préférant éloigner ses soeurs de ce guet-à-pan le plus longtemps possible, elle envoya par réflexe un message écrit à l’une de ses jumelles pour les informer de sa «fausse» proximité.
Dans son avancée, elle arrivait à remercier son père d’avoir pu lui léguer quelques capacités qu’elle s’était empressée d’utiliser à bon escient. Sa vitesse dans les courses poursuites lui avait toujours été d’un grand secours, et sa résistance à l’épreuve avait été... Conséquente.

Elle progressa à vive allure, sans arrêt, au moins une bonne demi-heure. Elle avançait principalement par les bois, les endroits sombres et les ruelles, car même invisible, de part sa vitesse elle était aisément repérable. Un violent courant d’air ne sort pas de nul part, et elle savait que parfois, la vivacité de ses gestes en avait alerté certains. Etrangement, elle franchit les «frontières» de Forks en un temps record. Sans encombre qui plus est. D’ailleurs ce dernier point n’avançait pas dans la direction qu’elle avait imaginé. N’est-il en réalité qu’un humain un peu trop entreprenant pour qu’elle l’ait pris pour un vampire? Sa propre odeur l’avait-elle bernée? Elle n’avait pas pu distinguer la couleur de ses yeux, tellement son esprit avait préféré la faire fuir plutôt que la faire analyser les avantages de son ennemi. Résultat, elle se méfiait de tout. Neri bifurqua dans la première forêt humide de la région, et s’enfouit au plus profond de l’obscurité qu’apportait une nuit sans lune apparente. L’astre lui fit penser à sa soeur. Serait-elle bientôt à leur coté? Pourrait-elle les informer de sa vision sans les encombres qu’elle avait dû fuir?

La japonaise entendit alors les bruissements de l’eau dans un ruisseau, et le chant des chouettes alentours. Elle sourit. Le lieu était rêvé pour remettre un peu d’ordre à tout ce qui représentait son propre visage. Elle m’y fin à son invisibilité au moment où les éclats de la surface venait refléter les petites pincées de lumière de la nuit noire. Elle plongea ses mains dans l’eau froide, et s'aspergea la tête faisant frisoter les petites mèches qui s’étaient installés sur ses joues. C’est à cet instant qu’une branche derrière elle, craqua. Elle sursauta, attrapa le sac qu’elle avait posé à terre, et pivota en direction de l’ombre monumentale qui avait commencé une approche. Tout d’abord, elle ne vit que ses yeux, d’un rouge pourpre cruel et sanguinaire, après elle distingua son sourire, et l’état de calme dans lequel il était, main dans les poches, décontracté. Elle recula instinctivement de quelques pas, par prudence plus que par peur, et ne le quitta pas... Comment avait-il pu? Elle avala sa salive avec gène, et le fusilla du regard, profitant de l’obscurité pour ne pas se montrer, trop... Provocante.


- Qui êtes-vous?

Pour seule réponse, elle vit que son visage avait récupéré un peu plus de la lumière du reflet du ruisseau derrière elle, et les craquements des feuilles et des branches mortes se faisaient plus puissants.
De part son silence il était encore plus redoutable que ce qu’elle avait pu imaginé. Elle sentait à chacun de ses pas, que même son niveau ne pourrait rien faire contre lui. Elle paniqua à l’intérieur évitant de se montrer «victime» dès le premier regard. Parce que si elle, voyait la couleur de ses yeux, le noir des siens ne pouvaient pas vraiment lui venir en aide quant à sa nature. Même son odeur avait des différents sur celle typique des vampires. Et elle savait que des présences d’odeurs lupines ne pouvaient que troubler l’homme au sujet de ses capacités de défense. Il devait la prendre pour une simple humaine, faible, contre laquelle il n’aurait aucune difficulté à assouvir ses desseins. Cependant elle pensa... Par malheur, s’il était là c’est qu’il l’avait «vue» ou sentie, invisible et s’était entêté à la suivre. Il savait donc qu’elle était différente, pas humaine c’était chose sûre, mais savait-il tout à propos de sa nature de métamorphe?
Neri feinta l’innocence, et croisa ses bras contre son sac autour de son torse.


- Si vous refusez de parler, je vais vous laisser alors. J’ai des choses à faire moi.

Elle savait que son accent anglais n’avait rien de naturel, et elle aurait préféré avoir à parler sa langue maternelle sans avoir à se retenir. Il garda un peu plus son silence, puis d’un seul coup attrapa son avant bras alors qu’elle faisait demi-tour. Neri jeta un oeil sombre à ce contact et sentit sans difficultés la froideur de son corps, tout comme la puissance avec laquelle il la maintenait fermement.

- Voulez-vous bien me lâcher?

Un rire rauque sortit alors de sa bouche comme première parole. Le visage de la japonaise se raidit au moment où il s’approcha d’un pas supplémentaire, la tenant à sa merci. Elle secoua son bras avec vigueur pour tenter de fuir, et tira violemment la main de l’homme pour lui forcer de lâcher prise. Elle savait cependant qu’ils agissaient à force égale de part leurs capacités respectives, et la panique était palpable... Tout d’un coup, elle sentit son corps se maintenir juste à quelques centimètres de son propre souffle, et redevint droite comme du marbre immobile.

- Bonsoir Princesse.

Les yeux sombres de l’asiatique se levèrent avec peur et tension vers le sourire puis les pupilles rougeâtres de son adversaire. Il savait...
Par on ne savait quels moyens d’ailleurs. Il savait qui elles étaient, et savait sûrement beaucoup plus de chose sur leurs comptes, choses qu’elle aurait préféré éviter... Elle balança violemment son pied contre son torse de pierre, l’obligeant à lâcher prise, pivota en un clin d’oeil, courut à en perdre haleine, et attrapa son portable. Elle ne savait pas pourquoi elle leur demandait de venir, elle ne savait pas pourquoi elle ne préférerait pas mourir seule plutôt que des les détruire elle aussi. Les 3 idéogrammes s’affichèrent sur son écran au moment où elle sentit que ses pieds quittaient le sol. En un bruit sourd, elle vint s’écraser quelques mètres plus loin, visible, le regard amusé de son prédateur la fixant toujours. Elle appuya sur la touche «envoi», lâcha son sac, et recula à tâtons, accroupie, vers l’arrière. Il fallait qu’elle tienne. Qu’elle tienne assez longtemps pour leur permettre de venir...



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Quand les Bambous deviennent des Lames - ときに、竹になるストリップ

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